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Démarche

Sous forme d'exercices de style:

    Jargon artistique
    Dans l'intention d'une déconstruction méthodique de la maîtrise, du dessin traditionnel et du dessein, Annik Reymond ose le gribouillis, la rature, l'hésitation, le retour sur soi.
    Loin d'un travail irréfléchi, l'immédiateté signifie chez elle la connexion directe entre la main et les perceptions, prolongement d'un questionnement de longue date sur la capacité de l'artiste à rendre compte de ce qui est, au-delà ou en-deçà du champ visuel.
    Spontané
    La couleur me happe: ce crayon, chiouuuf… Bon. Du bleu autour: plash… Mmmh, ces couleurs, comme elles dansent, comme l’eau se rétracte là...! Délice. Mince, trop vert... Mon pinceau fétiche, il est où ? Ah, là. Gris bleu. Gris de Payne? Non non, une pointe de rouge. Et de l'eau! Pchit pchit, voilà. Trace. Trace trace trace. Aaah. C'est beau, ce coin qui sèche, là… Je me régale… Ce papier, cette peau… Sécher : Vouuouuuuu. Frotte frotte. Ce que c'est plat là-bas: ça m'énerve ! Vite, du rouge indien. Plaf ! Bien fait pour toi. Non, ça va pas. Crayon blanc. Gratte gratte gratte. Etc… Jusqu'à l'équilibre.
    Esotérique
    (voix calme et profonde)
    C'est dans une connexion toujours plus étroite avec le vivant qu'Annik Reymond travaille, cherchant sans relâche à être traçant, non pas dirigée par un ego voulant plaire mais par la partie la plus profonde d'elle-même. Le plus intime se révélant commun au cœur de chaque être, dans un langage sans mots, elle se relie à tout ce qui vit. Elle ne trace pas, elle est tracée. Elle ne crée pas, elle est créée par son œuvre au moment même où elle se déploie devant ses yeux. Quand tout va bien.
    Mea culpa psychanalytique
    Je me suis trompée toute ma vie. Ado, je pensais que la seule révolution constructive serait intérieure, que chacun empoignant son théâtre intérieur pouvait éradiquer les germes de ce monde en déliquescence. Et bien non : nous avons continué de plus belle, cerveau de Cro Magnon, puissance nucléaire en main. Pourtant, je m’obstine à déplier mes états affectifs sur le papier, dans l’espoir qu’éviter de les projeteer autour de moi comme une machine à épandre le fumier rende le monde un peu meilleur. Mais je me trompe encore. Enfin je crois. Mais avec un plaisir certain.
    Portrait-robot
    Face, profil. Annik Reymond, 63 ans, toutes ses dents, 1m 68, yeux marron, cheveux poivre et sel. Enfin: sel et poivre. Dessine depuis qu'elle sait tenir un crayon, certaines sources disent même avant. Semble passer son temps à barbouiller. En cavale de l'enseignement artistique depuis 2013. Aucun signalement d'autres actes douteux depuis, à part des exactions du type expositions ou performances.
    A surveiller.
    Quand même...
    On dirait pas qu'elle a appris. Mon fils de quatre ans il fait pareil. Mieux même (c'est pas parce que c'est mon fils, hein). Bizarre, ce qu'elle fait. Il y a des fils, des traces, on ne sait pas bien ce que c’est. J'en ai vu une l'autre jour qui pleurait en regardant ça : dingue ! Une autre, elle est bien restée 1 heure: me demande ce qu'elle pouvait voir. Des herbes, des cheveux, ou rien du tout? Mais quel sens ça a, je vous demande ? Un autre, il était à genoux devant un grand livre, il tournait les pages comme si c'était la bible. J'vous jure, quand même!


Mais aussi d'écrits:

 

Et de mots des autres: